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vendredi 17 juin 2011

Divers

Porte de France, 1898
Bab el-Bahr est un monument symbolique de l'organisation urbaine de Tunis héritée de son histoire : érigée au centre de la place des Victoires, cette porte marque la frontière orientale de la vieille ville de Tunis, tandis qu'au delà s'étend la ville coloniale. Bab el-Barh, qui signifie porte de la Mer en raison de son orientation face au lac de Tunis, portait le nom de porte de France sous le protectorat français. Bab el-Bahr constituait l'un des accès à la cité aghlabide entourée de remparts, mais ces derniers furent mis à bas par l'administration française au XIXe siècle, et la porte se dresse désormais seule, surmontée de créneaux. A partir de la porte, la rue Jamâ ez-Zitouna file en direction de la grande mosquée et de la médina labyrinthique de Tunis : la rue est bordée d'une multitude de boutiques d'objets en tout genre, et les marchands plantés devant hèlent les touristes dans un maximum de langues possibles, à grand coup de « c'est moins cher que gratuit ! », pour un décor très vivant. A l'opposé, l'avenue de France précède l'avenue Habib Bourguiba, son prolongement, qui constituent l'avenue principale de la ville européenne.




Le Colises





Cathédrale de Tunis

Construite entre 1893 et 1897, avec la statue « Notre Dame de Carthage » qui provient de l’ex-cathédrale de Carthage ; elle est aussi dédiée à saint Vincent de Paul qui fut esclave à Tunis entre 1605 et 1607.  La tradition raconte que durant son incarcération il chantait souvent le « Salve Regina (Salut reine, notre vie, notre douceur...) ». A la fin de sa vie, il obtint la libération de 1200 esclaves et il envoya à Tunis les prêtres qu’il avait formé pour assister les prisonniers, en leur transmettant le christianisme




Avenue de la Marine

DE LA BHIRA A BAB BHAR

Au début, elle fut nommée la Promenade de la Marine qui faisait le pont entre la Médina et le lac de Tunis. Après, elle prend le nom d’Avenue de la Marine. Après 1900, l’appellation Avenue Jules Ferry lui fut donnée. L’avenue dans sa configuration actuelle a vu le jour petit à petit avec la construction de la nouvelle ville européenne qui commença avec l’indépendance de la Tunisie en 1956. Aujourd’hui, de nouveaux bâtiments en plus, des restaurations continuent de l’étoffer.




Avenue de France

Historique


Après 1881, une ville nouvelle se développa entre la Médina et le port. Cette zone basse, une fois remblayée, a permis par sa topographie, le tracé d'un plan quadrillé dont les deux axes sont, dans le sens est-ouest, l'avenue de France et l'avenue Jules-Ferry, et dans le sens nord-sud, l'avenue de Paris et l'avenue de Carthage.


Le centre directionnel, politique et économique se fixa dans cette zone autour de la résidence de France. C'est en 1860 déjà que le Consul Léon Roches décida de construire cette résidence. Il demanda et obtint l'autorisation du Bey, et ce fut l'ingénieur Colin qui fut chargé de sa construction.
Elle deviendra désormais le siège de l'ambassade de France.
Arrêtons-nous pour l'heure à l'avenue de France. Des deux côtés de Bab-Bhar, en dedans et en dehors des remparts se trouvaient des places publiques où se tenait un marché que Henry Dunant nous décrit ainsi : «Dans ce marché se pressent et s'entassent toutes les nationalités et tous les costumes, toutes les variétés d'animaux et toutes les marchandises du pays. Ce marché a lieu chaque jour, de grand matin, et il dure souvent toute la journée; l'animation y est telle qu'il est quelquefois difficile d'y fendre la foule de badauds qui se presse autour d'exhibitions de singes savants, de jongleurs, de prestidigitateurs nègres, de réciteurs (fedaouis), de marchands ambulants et d'industriels de toute sorte, dont ce lieu est le rendez-vous».
Mais peu à peu ces activités marchandes et folkloriques disparurent et l'avenue de France devint le siège des principales activités économiques du protectorat : banques, chambres consulaires, agences de transport, bureaux, entreprises industrielles…



Le Magasin Général fut fondé par les frères Bortoli, et une station juste en face fut réservée pour les fiacres; de la Porte de France partent également les trams. L'avenue de France devint en un mot la plaque tournante, la gare régulatrice de Tunis.
Chedly Ben Abdallah les décrit ainsi : «Fondée en 1884, la Compagnie Fermière des Tramways de Tunis avait d'abord mis en circulation des espèces de chars à bancs, roulant sur rails et traînés par des chevaux. Quelques années plus tard, les lignes furent électrifiées, et de lourds véhicules, motrices munies de longues perches, remplacèrent ces chars». Ce sont ces fameux tramways de Tunis avec leur double plate-forme ouverte aux passagers : il suffisait de courir un peu pour rattraper le convoi déjà en marche, et y prendre place. Ces tramways ne disparurent de Tunis qu'en 1959.



La “Carroussa” fermée était à l'usage des femmes musulmanes qui vivaient en recluses dans leurs demeures aux portes closes».
La plupart des cochers étaient maltais, et Tunis était un vrai melting-pot. Des individus de toute langue et de toute race se côtoyaient sur cette artère : Français, Siciliens, Espagnols, Grecs, Anglais, Suisses, Maltais, Allemands, Portugais, Livournais…
En 1926, la ville comptait environ 190.000 habitants, population à 45% musulmane seulement, ce qui témoignait de la concentration des Européens dans la capitale. Cependant, au sein de la communauté européenne, la question des rapports des nombres apparut bientôt essentielle. L'installation de la France en Tunisie supposait un renforcement de la présence française sur cette terre.


Pour en revenir à l'avenue de France, elle était devenue le lieu de rendez-vous de toute la colonie européenne. Tous les après-midi, une foule élégante s'y retrouvait. Des dandys, des jolies femmes, mais aussi des princes, des fellahs, des beys, des colons déambulaient entre Bab Bhar et le Consulat de France qui avançait ses deux ailes sur des avenues peuplées de magasins modernes, de cafés, de pâtisseries et, plus avant sur l'avenue Jules-Ferry, de théâtres et d'hôtels, et ce, au milieu d'une profusion de palmiers et d'arbres toujours verts.
Cancans, papotages s'entrecroisaient devant la “Pâtisserie Montelaci”, le “Petit café de France”, l'immeuble de “la Nationale”, la “Pâtisserie Royale”… et on poussait jusqu'au consulat de Grèce, à l'emplacement de l'actuel Colisée qui fut construit par l'Italien Canino, expulsé de Tunisie, dès le déclenchement de la guerre en raison de ses opinions ou activités fascistes.




LES OISEAUX DE L'AVENUE

Sur cet axe majeur de la ville nouvelle, la Cathédrale était déjà érigée en 1897, et l'avenue est bordée d'immeubles aux façades éclectiques ou arts déco. L'architecture n'est ni précieuse, ni pédante. L'avenue de France ressemble à une avenue dans une bonne ville provinciale française, avec ses trams, ses cafés clôturés de fusains verts, et les statues des grands hommes français.
Les ficus qui rappellent aussi la France sont déjà plantés. Ils ne sont pas encore très grands, mais ils commencent à servir d'abri aux étourneaux. Ces volatiles ont une histoire centenaire avec les avenues de France et Jules-Ferry, et font tellement partie du paysage qu'il est nécessaire de s'attarder un moment sur ces oiseaux tunisois.
Deux espèces différentes cohabitent dans les ficus : le moineau appelé vulgairement chez nous “l'oiseau des terrasses” et l'étourneau baptisé “l'oiseau des oliviers”.